Remerciements :

- Remerciements à ma Famille qui m'a donné le goût de l'ancien.
- Remerciements au Brocanteur "La Marotte" qui m'a donné le goût au Monde de l'Absinthe.
- Remerciements à MC Delahaye qui a été le socle de mes connaissances Absinthiques.
- Remerciements à Mike Iavarone qui m'a entraîné sur le net avec l'Absinthe.
- Remerciements à Bogumil Rychlak qui m'a été précieux au démarrage de la distillerie.

Honnissements :
- Honni soit le Chien qui mord la main qui l'a nourri.
- Honni soit le Perroquet qui se croit savant.
- Honni soit la Pie qui vole.
- Honni soit le Parasitoïde.
- Honni soit l'Homme qui exploite l'Homme.


Refaire vivre le passé, remonter le temps, quel fantasme pour un antiquaire...
Mai 2011, une nouvelle éclaircie pour l'Absinthe : La loi Française d'interdiction totale est abrogée.
Le Phénix peut renaître.
Puisse être acteur !

Après de nombreuses péripéties administratives, voilà mon alambic, livré fin Février 2011.
Un 150 litres, chauffage électrique, bain mari.
On le teste immédiatement, le soir même, en distillant 50 litres de bière Pelforth.
Le fabricant, Allemand, semble atterré par la pauvre qualité de la bière Française.... Et au vu du résultat, je ne peux qu'acquiescer. Comment en sommes nous arrivé à boire cela sous le nom de Bière ?
Une énigme agro alimentaire !
Vers 3H du matin, je me couche la tête pleine d'explications et de recommandations qui s'entremêlent.
Quelques heures après, enfin seul, tout seul, comme un benêt, devant mon nouveau jouet. Par où commencer ?
A quoi sert ce truc déjà ?
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J'arrive tant bien que mal à me fournir en Artémisia Absinthium (Grande Absinthe) de bonne qualité, presque un exploit à cette époque de l'année. Je me fournis en Anis, Fenouil et autres plantes accessoires chez un herboriste en gros de l'Ouest de la France. J'achète 300 litres d'alcool vinique dans le sud de la France.
Le 15 février 2011, la distillerie est officiellement opérationnelle, première distillation !

Première mésaventure :
Je m'aperçois, tout à fait par hasard, en voulant tester pratiquement mes connaissances théoriques sur l'évaluation d'un titrage et d'un volume alcoolique, que le fournisseur m'a vendu le poids des bidons en alcool, qu'il n'a pas enlevé la tare. Soit 290 litres d'alcool à 96% au lieu de 300 litres facturés. A un peu plus de 2 euros le litre d'alcool, il n'y a pas mort d'homme..... Sauf que les douanes taxent ce même litre à plus de 15 euros !!
Ca commence bien ..... mal.

Deuxième mésaventure :
Mea Culpa.
J'étais tellement heureux de ma découverte d'un texte de 1816 fondamental pour la bonne compréhension de l'histoire de l'Absinthe, et contenant une recette, que j'ai voulu commencer par là.
Au lieu de commencer par une recette classique basique, afin de tester mes capacités et mon matériel, je me lance dans l'inconnue. Le résultat sera implacable : Un grand gâchis de plus de 1000 euros de plantes, d'énergie et d'alcool.
Le mois de février est perdu.

Troixième mésaventure :
Maintenant je suis sur une recette classique d'Absinthe, comme celles données par les manuels de distillateur de la fin du 19èm siècle tel que le Manuel de P. DUPLAIS ou de J FRITSCH pour ne citer que les plus connus.
Nouveau constat démoralisant; L'anis (Anéthol) passe difficilement.
A ce stade, je commence à me poser des questions sur le matériel.
L'alambic que j'ai est certainement la Rolls-Royce pour la distillation du fruit.... mais pour l'Absinthe ?
Force est de constater que le déflegmateur (Gros tube, en haut à gauche), en créant un choc thermique dans les vapeurs alcooliques, choc censé faire retomber le plus lourd, tue mon Absinthe !
Je décide donc de le shunter au grand dam du fabricant qu'il me faudra harceler pour obtenir un col de dérivation.
Et j'en profite même pour isoler le chapiteau de l'alambic afin de limiter au maximum les chocs thermiques.
Mon alambic est maintenant nettement moins beau, mais tellement plus efficace. Je préfère investir dans les fondations plutôt que dans la façade !
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Quatrième mésaventure :
Nous somme bientôt fin Mars, et les sorties sont toujours insatisfaisantes.
J'ai toujours un goût dominant désagréable qui me chiffonne, même en redistillant 2 fois, 3 fois, c'est toujours là.
Je commence à mettre ne doute les plantes que j emploie, je commande beaucoup d'échantillons différents, je fais des essais.
Cela me permet de progresser sur l'évaluation des plantes, mais mon problème est toujours là.
Et me vient l'idée de l'alcool que j'utilise, qui représente de très loin la matière première principale que j'emploie.
Les échantillons d'alcool vinique que je reçois de toute la France me laisse dubitatif. Comment peuvent ils être aussi différents ?
Vais je devoir évaluer la qualité des alcools que j'achète ? Sur quels critères ? En goûtant ? Voilà bien une variable que je n'avais pas prévu !
C'est un technicien d'une distillerie industrielle qui me sort de l'ornière avec quelques explications. Il semble qu'au 19èm siècle, le matériel dont on disposait ne permettait pas d'obtenir des alcools complètement neutres, il y avait toujours un goût résiduel. L'alcool Vinique était celui qui se prêtait le mieux à la production d'alcool neutre, et si il existait un goût résiduel, les consommateurs y étaient habitués.
Depuis, 100 ans sont passés. Les grosses structures industrielles sont capables de sortir un alcool complètement neutre (2 pages d'analyses à l'appuie !) à partir de n'importe quoi.
Aujourd'hui, le gros de la production d'alcool vinique du sud, fait à partir des marcs de vin, est destinés à la production de carburants automobile. Le restant étant utilisé pour remonter en degré alcoolique des vins transformés, pour la pharmacie. Très peu en marc de consommation.
Je passe donc sur un alcool neutre, d'une régularité irréprochable, et c'est, Alléluia, le miracle !

11 Avril 2011, première distillation à destination commerciale, la NAPOLEON III / BOGGY, lot 1.
17 Mai 2011, abrogation complète de la loi 1915 d'interdiction de l'Absinthe.
L'aventure peut commencer.....